https://www.audition-cornuau.fr/wp-content/uploads/2026/02/article-audition-cornuau-otite-et-surdite.jpg 1201 1800 dev-aud-cornuau https://www.audition-cornuau.fr/wp-content/uploads/2025/02/audition-cornuau-logo-30ans.png dev-aud-cornuau2026-02-09 12:34:152026-02-09 12:34:15Otite et surdité : quel lien et comment prévenir la perte auditive ?L’otite représente une des affections ORL les plus fréquentes, touchant plus d’un Français sur deux au cours de sa vie. Bien souvent bénigne et passagère, elle peut néanmoins prendre des formes plus marquées, avec un impact direct sur l’audition.
Comprendre la relation entre otite et audition est essentiel. Une prise en charge adaptée permet d’éviter des complications qui pourraient altérer la qualité d’écoute. Selon leur nature, otite externe, moyenne ou séreuse, ces inflammations peuvent gêner la transmission du son et entraîner une baisse auditive, le plus souvent temporaire, parfois plus durable si elles ne sont pas traitées correctement.
En restant attentif aux symptômes et en consultant un professionnel de santé, il est possible de préserver non seulement l’audition, mais aussi le confort de communication, le lien social et la qualité de vie au quotidien.
Les différents types d’otites et leurs impacts
L’otite externe (dite du nageur) : inflammation du conduit auditif
L’otite externe correspond à une inflammation du conduit auditif, fréquente chez les adultes et chez les personnes qui passent beaucoup de temps dans l’eau. Elle se manifeste par une douleur parfois vive, des démangeaisons et une impression d’oreille bouchée.
Ces symptômes peuvent entraîner une baisse d’audition temporaire, le temps que le conduit, légèrement gonflé, retrouve son état normal. Le diagnostic est posé par un médecin grâce à un examen otoscopique, et le traitement repose généralement sur des gouttes auriculaires à visée anti-inflammatoire et/ou antibiotique.
La récupération auditive est en règle générale rapide, dès que l’inflammation diminue. Pour limiter les récidives, il est recommandé de ne pas trop nettoyer les oreilles (ce qui fragilise la peau du conduit) et de bien les sécher après chaque baignade.
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L’otite moyenne aiguë et ses complications
L’otite moyenne aiguë est une inflammation de l’oreille moyenne qui survient fréquemment après une infection ORL. Elle se caractérise par une accumulation de liquide derrière le tympan, entraînant une baisse d’audition temporaire appelée surdité de transmission.
La plupart du temps, un traitement adapté permet une guérison rapide. Toutefois, en l’absence de prise en charge, certaines complications peuvent apparaître, comme une atteinte de l’os mastoïde (mastoïdite) ou, plus rarement, une atteinte de l’oreille interne.
Chez les personnes sujettes à des otites répétées, un suivi médical attentif est indispensable afin de prévenir d’éventuelles séquelles auditives durables. Dans certains cas particuliers, une otite mal soignée peut favoriser l’apparition d’un cholestéatome, une lésion bénigne, mais potentiellement dommageable pour l’oreille moyenne si elle n’est pas surveillée.
L’otite séreuse et séromuqueuse : risques spécifiques
L’otite séreuse, parfois appelée otite séromuqueuse, se traduit par la présence de liquide clair ou épais dans l’oreille moyenne, sans signe d’infection aiguë. Elle survient quand la trompe d’Eustache ne ventile plus correctement l’oreille, souvent à la suite d’infections ORL répétées ou d’un encombrement nasal.
Cette affection touche surtout les jeunes enfants et peut entraîner une baisse d’audition de transmission, parfois notable, qui gêne la compréhension et le développement du langage. Dans la majorité des cas, le liquide finit par disparaître spontanément. Mais si l’épanchement persiste au-delà de trois mois, un suivi médical est recommandé. Le médecin ORL peut alors proposer la pose de petits aérateurs transtympaniques (“yoyos”) pour rétablir une bonne ventilation.
Certaines situations, comme les voyages en avion ou les variations rapides d’altitude, peuvent accentuer la gêne auditive. Une surveillance attentive est donc importante, en particulier chez les enfants sujets aux infections ORL répétées.
Mécanismes de la perte auditive liée aux otites
Rôle de la trompe d’Eustache dans l’audition
La trompe d’Eustache joue un rôle essentiel dans l’équilibre et le bon fonctionnement de l’oreille moyenne. Elle permet d’égaliser la pression de part et d’autre du tympan lors de la déglutition ou du bâillement. Cette régulation préserve ainsi l’élasticité du tympan et la qualité de la transmission sonore.
Son ouverture est assurée par l’action de trois muscles, tandis que sa fermeture se fait de façon passive. Ce mécanisme a également une fonction protectrice : il limite la remontée des sécrétions nasales vers l’oreille moyenne et contribue à réduire le risque d’infections.
Lorsque la trompe d’Eustache fonctionne mal (on parle alors de “dysfonctionnement tubaire”), la ventilation de l’oreille moyenne est compromise. Cela peut provoquer une sensation d’oreille bouchée, une gêne auditive ou encore favoriser l’apparition d’otites séreuses.
Impact du liquide derrière le tympan
Lorsque du liquide s’accumule dans l’oreille moyenne, derrière le tympan, la transmission des sons est fortement altérée. L’air, normalement présent, est remplacé par une masse liquide plus dense, qui freine le mouvement des osselets et diminue leur capacité à transmettre les vibrations sonores.
Cette gêne peut provoquer une perte auditive temporaire allant jusqu’à 30 à 40 décibels, soit l’équivalent de mettre un bouchon dans l’oreille. Les sons deviennent étouffés, la compréhension plus difficile, en particulier dans les environnements bruyants.
Pour mesurer cette baisse, les professionnels de santé utilisent la tympanométrie, un examen qui analyse la mobilité du tympan face aux variations de pression.
Si le liquide stagne trop longtemps, il peut aussi modifier l’équilibre des tissus de l’oreille et favoriser la survenue d’infections répétées.
Quand l’inflammation altère la transmission sonore
L’inflammation modifie aussi la composition de l’oreille moyenne. Cette transformation réduit la mobilité des osselets et limite leur capacité à transmettre efficacement les vibrations sonores vers l’oreille interne. Si elle se prolonge, cette situation peut également affecter temporairement le fonctionnement des cellules sensorielles de la cochlée.
Un suivi médical régulier permet de prévenir ces complications et de restaurer une audition claire.
Symptômes et signes d’alerte à surveiller
Sensation d’oreille bouchée et perte d’audition
La sensation d’oreille obstruée est souvent l’un des premiers signes d’une otite. Elle s’accompagne généralement d’une diminution de l’audition, qui peut apparaître progressivement ou de manière plus brutale selon la cause.
Douleur et fièvre : quand consulter ?
Une douleur vive à l’oreille, surtout si elle s’accompagne de fièvre, doit inciter à consulter rapidement, en particulier chez les jeunes enfants. Les principaux signes d’alerte comprennent :
- une température élevée (au-delà de 39 °C),
- des maux de tête intenses,
- des vertiges.
La présence d’un écoulement dans l’oreille, même sans fièvre, nécessite également un avis médical rapide. Une attention particulière est recommandée si les symptômes persistent plus de 48 heures malgré la prise d’antalgiques.
En cas d’otite d’origine bactérienne, il est essentiel de suivre scrupuleusement le traitement prescrit par le médecin et de prévoir un contrôle si les symptômes réapparaissent après son arrêt.
Vertiges et troubles de l’équilibre associés
Certaines otites peuvent aussi s’accompagner de vertiges ou de troubles de l’équilibre. Ces symptômes sont liés au système vestibulaire, une petite structure située dans l’oreille interne qui joue un rôle central dans notre orientation dans l’espace et la coordination de nos mouvements.
Lorsque du liquide s’accumule dans l’oreille moyenne, la pression exercée peut perturber ce système, entraînant des sensations de tangage ou de rotation, parfois associées à des nausées.
Diagnostic et examens spécifiques
Tests auditifs et évaluation de la surdité : vers qui se tourner ?
Votre médecin traitant est le premier interlocuteur. Il pourra confirmer le diagnostic d’otite et prescrire un traitement adapté.
Si les symptômes persistent, si les otites se répètent ou si une baisse d’audition est constatée, le médecin pourra orienter vers un ORL (oto-rhino-laryngologiste), spécialiste de l’oreille et de l’audition.
En cas de gêne auditive durable, un audioprothésiste peut aussi intervenir, dans un second temps sur prescription médicale, pour évaluer l’audition et proposer un accompagnement adapté si nécessaire.
Quels examens sont réalisés ?
L’otoscopie
C’est le premier examen, réalisé avec un petit instrument lumineux (otoscope). Il permet d’observer le conduit auditif et le tympan, de détecter une inflammation, un liquide derrière le tympan ou encore un bouchon de cérumen.
L’audiométrie
Ce test mesure la capacité à entendre différents sons (audiométrie tonale) et à comprendre des mots (audiométrie vocale).
La tympanométrie
Examen rapide qui analyse la souplesse du tympan et met en évidence un éventuel liquide dans l’oreille moyenne.
Potentiels évoqués auditifs (parfois)
Utilisés surtout chez l’enfant ou lorsque les autres tests sont difficiles, ils mesurent la réponse du nerf auditif à un son.
En résumé :
- Médecin traitant → première évaluation et traitement.
- ORL → suivi en cas de complications, otites répétées ou baisse auditive.
- Audioprothésiste → Appareillage sur prescription si une perte persiste.
Traitements selon le type d’otite
Combien de temps dure la récupération appareillage auditive ?
La récupération auditive après une otite varie selon le type d’infection et sa prise en charge. Un suivi régulier permet d’adapter le traitement selon l’évolution de l’otite et la vitesse de récupération auditive. Les gestes simples comme des lavages au sérum physiologique facilitent le drainage naturel et peuvent accélérer le retour à une audition normale.
| Type d’otite | Caractéristiques principales | Durée moyenne de récupération auditive | Particularités |
| Otite externe | Inflammation du conduit auditif externe, souvent après baignade | Quelques jours à 1 semaine avec traitement local | Disparaît dès que l’inflammation s’apaise |
| Otite moyenne aiguë | Infection de l’oreille moyenne avec douleur, fièvre et baisse auditive | 7 à 14 jours (amélioration dès 24–72 h) | Liquide résiduel possible plusieurs semaines sans séquelle |
| Otite séreuse / séromuqueuse | Liquide clair ou muqueux persistant derrière le tympan, sans infection aiguë | 2 à 6 semaines, parfois jusqu’à 3 mois | Pose de drains (yoyos) si persistance et gêne durable |
Prévention et suivi des complications
Facteurs de risque à connaître
Certains éléments peuvent favoriser l’apparition d’otites à répétition ou de complications auditives :
- Le tabagisme passif : il double quasiment le risque d’otites récurrentes chez les jeunes enfants.
- L’alimentation au biberon en position allongée : elle peut favoriser la stagnation de liquide derrière le tympan.
- Les antécédents familiaux : une histoire de troubles auditifs dans la famille nécessite une attention particulière.
- Les particularités anatomiques : une trompe d’Eustache plus étroite ou une malformation congénitale peut prédisposer aux infections chroniques.
- Le reflux gastro-œsophagien important, surtout chez le nourrisson, peut également contribuer aux épisodes d’otite.
Protection contre les otites récidivantes
La prévention des otites repose aujourd’hui sur une approche globale. La vaccination pneumococcique, intégrée au calendrier vaccinal, contribue à réduire certains épisodes d’otite, en particulier ceux liés aux souches de pneumocoque couvertes par le vaccin. Elle ne protège pas contre toutes les otites, mais reste un atout dans une stratégie préventive plus large.
D’autres mesures simples jouent également un rôle important. Les lavages nasaux réguliers au sérum physiologique aident à dégager les voies respiratoires et à améliorer la ventilation de l’oreille moyenne. Un suivi médical attentif, notamment par l’examen du tympan, permet de repérer rapidement un épanchement rétrotympanique et d’agir avant qu’il n’entraîne des complications.
Enfin, la prévention passe aussi par la maîtrise de certains facteurs aggravants, comme les allergies ou les infections respiratoires chroniques. En combinant ces différentes actions, il est possible de limiter efficacement les récidives et de préserver une audition de qualité sur le long terme.







