Tendez l’oreille : où en est le 100% santé en 2026

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Dans cet épisode, nous parlons du 100 % santé. Qu’est-il devenu cinq ans après ? On fait le point.

Une réforme qui a changé la donne pour les aides auditives

Le 100 % santé, c’était d’abord une promesse électorale : proposer un panier de soins pour les yeux, les oreilles et les dents. Cette réforme a bouleversé la profession, parce qu’elle a réglementation beaucoup de choses et permis de remettre à plat certains points. Elle a d’abord augmenté le remboursement : la Sécurité sociale s’est mise à rembourser davantage les aides auditives. Avant, on était globalement sur un remboursement de 119 €, on est passé à 240 €. Mine de rien, c’était une vraie évolution. Elle a aussi permis de déterminer les critères qu’un appareil doit remplir pour être pris en charge, et a précisé les modalités de prescriptions des appareils pour obtenir un remboursement.

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Pourquoi cette réforme : l’audition et le déclin cognitif

Une étude très intéressante, menée en 2015 par le professeur Amieva, a montré que corriger la perte auditive permet de diminuer la vitesse de déclin cognitif. On savait déjà que la perte auditive accentuait ce déclin ; porter un appareillage auditif permet de supprimer cet effet, si l’on peut dire les choses comme ça. Or le déclin cognitif engendre très souvent la dépendance. Cette étude a fait beaucoup de bruit dans la profession, et une autre a ensuite montré qu’un euro investi dans l’audition permet d’en économiser dix dans la dépendance, dans l’entrée en dépendance et dans tous les problèmes qui en découlent.

Une bonne loi, portée par tous les acteurs

Le 100 % santé n’est pas gratuit. Il permet à tout le monde d’accéder à un appareillage de qualité, mais il est toujours payé par quelqu’un : la Sécurité sociale et la mutuelle. C’est donc la collectivité qui finance cet accès à l’appareillage.

Les professionnels ont été impliqués dans cette loi, et tous les syndicats ont été parties prenantes de sa création. Pour nous, ça a été une bonne loi : elle nous a permis d’appareiller des personnes qui n’avaient jusqu’ici pas accès à l’appareillage. Honnêtement, les audioprothésistes ont joué le jeu en présentant ces appareils, qui sont de très bons appareils. Aujourd’hui, les appareils 100 % santé ne représentent pas 20 % des adaptations, comme on s’y était engagé, mais 39 à 40 %.

Les fabricants ont eux aussi joué le jeu. La loi définissait les caractéristiques et les fonctions qu’un appareil devait avoir pour être considéré comme un appareil de classe 1, 100 % santé. Ils ont fait évoluer leurs appareils et donné aux patients accès à des technologies largement au-delà du cahier des charges.

Les dérives : un appel d’air sur le marché

C’était vraiment une bonne loi. Malheureusement, certains ont flairé le bon filon. Ils se sont dit : « C’est formidable, on peut vendre des aides auditives remboursées intégralement par la Sécurité sociale et la mutuelle. Allons-y, rentrons sur ce marché. » Il y a eu une sorte d’appel d’air, et beaucoup de monde est entré sur le marché de l’audioprothèse, malheureusement pas tous avec les bonnes intentions, si nous pouvons le dire comme ça. Clairement, beaucoup sont venus dans ce métier uniquement pour « faire de l’argent ».

On en est arrivé à toutes les dérives qu’on trouve aujourd’hui. Le démarchage par téléphone, par exemple, est strictement interdit : l’appareillage auditif est du matériel médical, soumis à de nombreuses lois et à de nombreux codes. Et certains vendent des aides auditives sans aucun suivi .

Le suivi, le tiers payant et le libre choix du professionnel

La loi 100 % santé définit beaucoup de choses. Elle fixe les critères techniques de l’appareil, mais aussi toute l’adaptation et le suivi. S’il y a un point primordial dans l’appareillage auditif, c’est le suivi : tout le travail que nous faisons avec le patient dans la durée. Un appareil posé sur les oreilles n’a aucun intérêt s’il n’est pas bien réglé et, surtout, s’il n’est pas bien suivi dans le temps.

Pour les appareils 100 % santé, les patients doivent bénéficier d’une prise en charge à la fois par la Sécurité sociale et par la mutuelle, en tiers payant. Ils n’ont donc pas de frais à avancer. Cependant, certaines mutuelles restreignent le tiers payant aux audioprothésistes de leurs «réseaux de soins», mais est strictement contraire à la loi. Le patient a le droit de choisir le professionnel qui s’occupera de lui, comme on choisit le médecin avec lequel on a envie d’être soigné ou opéré.

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